Les précautions relatives au terrain, à l'emplacement, au plan et aux matériaux prises, passons à la construction !
Les fondations
On peut faire reposer une ossature légère sur une fondation simple et traditionnelle comme des pilotis ou de la dalle de sol. Pour ça, il faut utiliser des montants et des traverses d'une section de 30 à 90 millimètres, ou de 50 à 150.
La dalle de sol sera surmontée d'un muret de 20 cm de haut pour la protéger des intempéries ; les murets seont soit en brique, soit en pierre, soit en béton.
Vous pouvez choisir une dalle de sol avec treillage (une grille est coulée dans le béton, au milieu) qui retiendra le sol si jamais la dalle se fêle et s'effrite.
On placera également du gravier sous la dalle pour l'assécher. S'il est besoin de remblayer – ajouter de la masse pour aplatir le terrain ou l'élever – le gravier fera un remblai compact et solide.
On pourra se charger soi-même de réaliser la dalle de sol en béton (on trouve des guides sur internet).
Schéma 1 : dalle de sol
Schéma 2 : pilotis
Le schéma est très grossier : les montants sont beaucoup plus fins et nombreux que ça, ainsi que les solives.
La dalle de sol est placée sur une feuille de plastique étanche. Sur le dessus de la dalle de sol sont posées des solives, entre lesquelles on glisse de l'isolant. Le plancher est cloué sur les solives.
Sur les pilotis, on installe une plateforme plancher : ce sont des solives assemblées par des sabots métalliques (garniture métallique aux extrêmités des solives qui facilitent leur fixation).
L'ossature, la charpente et la toiture
L'ossature, ce sont les murs. Il y a plusieurs techniques d'ossature. On peut préparer une ossature en « cadres », à base de montants de bois : un montant principal en haut et un autre en bas, entre les deux des montants verticaux à équidistance les uns des autres (40 à 60 centimètres), éventuellement des montants horizontaux intercalaires pour renforcer le tout.
On remplira l'ossature avec de la terre-paille, de la paille, ou bien on montera par-dessus un bardage de bois. On pourra encore utiliser la technique du bois cordé – du bois coulé dans du ciment pour construire, sans ossature, un mur à même la dalle de sol.
L'ossature bois est clouée sur la plateforme plancher ou cimentée au muret qui surmonte la dalle de sol.
Si l'on veut faire des murs en paille l'ossature sera conçue comme un « moule » avec un série de cases dans lesquelles on introduire les bottes de paille.
La charpente se monte sur l'ossature. Ce sont les cadres qui supportent la charpente. La charpente est faite de quatre montants principaux, une poutre faîtière et de voliges (entre les 4 montants). On peut la renforcer par des procédés de sablière, de tringulation (on renforce le haut des cadres pour baisser la charge de poids de la charpente), d'entrait (on fixe des pourtres ou des solives supplémentaires au milieu de la charpente entre les deux pans principaux), de support facultatif...
Schéma 1 : charpente
La toiture sera d'abord un panneau contre-ventement (ou coupe-vent) fixé sur les solives. On placera contre ce contre-ventement des contre-lattes et des liteaux sur lesquels on clouera, par exemple, des bardeaux de bois ou bien l'on disposera des tuiles. Si l'on veut se passer de coupe-vent et de lattes, le bardage se fera au moins par trois couches.
Quand le toit du cabanon est de forme hoctogonale et que la longueur des bardeaux empêchent de remonter le bardage jusqu'à la hauteur ultime du toit on laisse un espace exposé, fermé par un revêtement appelé « pureau ».
Entre chaque bardeau de bois, quelque soit la forme du toit, doit rester 3 à 5 millimètres d'espace, car le bois des bardeaux va gonfler.
On peut également se constituer un toit de paille, de chaume, de paille de seigle ou un toit végétal.
En Espagne, les cabanes traditionnelles « Palloza » ont un toit en paille de seigle qui laisse passer la fumée du feu. A cette occasion la fumée fait fuir les insectes et les rongeurs et protège la toiture de leurs nuisances.
En Camargue, c'est avec du roseau que l'on fait les toitures des cabanes de pêcheurs.
Il faut savoir que tous les bois, pour le bardage, ne sont pas de même qualité : certains ont des propriétés fongicides (ils détruisent les champignons microscopiques) et leur consistance en tanin est importante (substance que contient le bois qui le rend moins putrescible). Le chêne et le chataîgnier sont de bons bois de bardage.
Fenêtres et cheminée
La pose des fenêtres intervient après la construction de l'ossature bois. On aura bien veillé, au moment de la construction de l'ossature a laisser des espaces pour les fenêtres. Entre les montants verticaux équidistants, on a fixé des montants horizontaux de rigidification. Par-dessus l'ossature, on a cloué le contre-ventement, les lattes et sur la lattes, le bardage en bois. Le dispositif recouvre toute la façade sauf les espaces vides des fenêtres délimités par la structure des montants. Maintenant, comment installer une fenêtre dans cet espace ?
On utilisera des linteaux (bois qui va répartir le poids du mur sur les côtés de la fenêtre), une tablette intérieure (cadre qui va accueillir le châssis), un double vitrage et une bavette.
A l'intérieur le pare-vapeur, le pare-pluie et l'isolant s'arrêtent 5 à 10 cm sous l'espace de la fenêtre. On glissera au-dessus (pour en bas) et en-dessous (pour en haut) un linteau auquel on fixera une tablette intérieure qui encadrera le châssis de fenêtre. Contre cette tablette, du côté extérieur, on placera le double vitrage. On le coincera par en haut avec un semi-linteau et par en bas avec une bavette qui débordera sur l'extérieur (un rebord de fenêtre).
Voilà une fenêtre installée. Cette fenêtre ne s'ouvre pas. Pour installer une fenêtre qui pourra s'ouvrir, il suffit d'adapter le cadre au châssis du modèle de fenêtre que l'on aura choisi.
Suite et fin de l'article :
Construire une cabane (3)