oliceo portail écolo

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Des maisons écolos pas chères, ca existe

ecolo1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'écoconstruction est parfois présentée comme un luxe. Pourtant l'expérience prouve que dans la maison, l'écologie est plus coûteuse, comme dit Thierry Kazazian, en matière grise qu'en matières premières. Prévisions, long-terme, rationalisation, inventivité, recherches : c'est surtout un gros travail de recul et d'ouverture que demande un aménagement écologique de l'habitat plus qu'un investissement financier, qu'il arrive au contraire le plus souvent à amortir et à contourner. Et au fur et à mesure que cette démarche s'affine, les coûts se réduisent, et la sobriété et la beauté des constructions, elles, grandissent.

 

 

Des matériaux naturels à petits prix

 

Les maisons écologiques se construisent avec des matériaux naturels ou recyclables.

Le matériau sans doute le moins cher est la paille : elle coûte en moyenne 125 euros le mur.

La paille renfloue tous les clichés : c'est un des materiaux de construction les moins inflammables, un très bon isolant (elle est 2 fois plus isolante que le béton), qui n'attire pas plus les insectes que le « dur ». Son installation est simple et rapide : elle s'insère simplement par bottes dans une ossature bois.

 

paille.jpg

paille_esthetique.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 





Les maisons en paille sont loin de ressembler à celles des trois petits cochons... ci-dessus, un exemple de maison en paille (Photo : Pascal Greboval).

 

 

Son seul défaut est qu'elle craint l'humidité. Une maison en paille nécessite donc la pose d'un isolant contre le mur ainsi qu'au sol, entre la dalle et le mur.

 

Côté extérieur, la paille peut-être laissée à l'air libre ou recouverte de chaux ou de terre sèche (plusieurs types de matières peuvent être utilisées pour varier les couleurs du corps).

 

Un guide très complet de la construction en paille est disponible ici. L'association La Maison de La Paille propose des chantiers de construction témoins, ouvert à un public bénévole. Récemment, un de leur chantier a abouti à la construction d'une maison en paille et armature bois à deux étages pour un budget minime de 62 000 euros sans l'aide d'aucune subvention : toilettes sèches, panneaux solaires, chauffe-eau solaire et toit en tuiles anciennes, pour une maison confortable dans un cadre péri-urbain.

 

 

Le parpaing de bois est aussi un bon matériau écologique peu cher. Sain, naturel, il respire bien. Il est fabriqué avec les bois de rebut récupérés dans les scieries. C'est un matériau léger, résistant au feu, à l'humidité, pérenne et contrairement au béton, qui ne se fissure pas.

Le parpaing est 20% moins cher que le béton.

 

Le bois est un matériau recyclable, renouvelable : la construction d'une maison en bois, particulièrement en bois local, ne rejettera que le Co2 que le bois a accumulé.

 

 

Des solutions in vivo

 

Une rénovation écologique économique.

 

Chez Truc&Déco, Stephanie et Thierry sont interviewés. Propriétaires d'un pavillon en banlieue parisienne, ils l'ont rénové à la mode écolo :

 

Le renforcement de l'isolation du toit avec des « plaques » (l'inconnue est le matériau) prend une journée et permet au couple de réaliser 30% d'économie énergétique (mieux isolés, les propriétaires chauffent moins).

L'isolation des murs de la cave est faite avec de la « mousse » : ou bien il s'agit de mousse polyuréthane, déconseillée car dérivée du pétrole, ou bien il s'agit d'une projection d'ouate de cellulose, parfaitement écologique et non toxique. Le coût de la mousse s'élève à 400 euros.

Le couple installe une nouvelle chaudière à économie d'énergie : - 30% sur la facture de gaz.

4m2 de panneaux solaires photovoltaïques sur le toit chaufferont désormais l'eau : le couple débourse 4000 euros, déduits d'impôts.

L'installation d'une pompe à chaleur sous le sol de la maison (les tuyaux sont en plastiques et antigel) pour le chauffage central coûtera 15000 euros. Mais elle durera une quarantaine d'années.


 

 


Dans le Temps, une autre expérience, encore plus radicale.


Olivier et Françoise Guisan, un couple suisse, a construit une maison entre le Lac Léman et les Alpes, dans un verger. La maison est ronde, pour éviter les pertes d'énergie : le soleil inonde tout le bâtiment.

Elle possède une structure en bois de bout en bout : de la dalle de sol à la charpente. La façade est à colombages, recouverts de tavillons, avec des briques de terre crue (un très bon isolant) entre les poutres.

Au sol, on trouve de la pierre de Solnhofen, une pierre sur laquelle on peut lire des traces de végétaux fossiles.

 

serres_capteurs-small.jpg

entree_est-small.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le deuxième et le troisième étage ont été conçus comme une grande serre en forme de pyramide arrondie. Les murs y sont uniquement en verre et rejoignent par le haut une plateforme ronde elle aussi et un peu surélevée, le toit. La plupart des pièces touche la serre et c'est l'énergie solaire passive (la chaleur qui passe à travers les vitres de la serre) qui chauffe la maison en grande partie. Cette serre est recouverte par la végétation : des kiwis, des clématithes... L'été, des toits ouvrants laissent s'échapper l'air chaud, tandis que les portes intérieures sont toutes fermées, gardant la maison au frais. La serre évite ainsi de se transformer en four. L'hiver, les fenêtres de la serre sont au contraire maintenues fermées et quand la température de la serre a atteint plus de 20°, les portes intérieures s'entrebaillent de nouveau. Des panneaux solaires thermiques ont été installés qui fournissent le reste de la chaleur pour le chauffage central et l'eau sanitaire. D'autres panneaux solaires photovoltaïques (sur le toit) produisent l'électricité.

 

La maison est autonome en électricité et en eau. Des citernes de récupération de l'eau de pluie sont fixées sur le toit : l'eau est chauffée par l'énergie thermique puis diffusée dans les radiateurs et dans les conduits d'eau ménagère. Une partie de l'eau est cependant chauffé avec une cuisinière en bois.

Des toilettes sèches alimentent le compost du jardin. Les excréments sont systématiquement aspirés vers le compost et les odeurs n'ont pas le temps de se développer. Deux garages en bois sont situés à l'arrière de la maison. Dans le jardin, un étang filtre les eaux usagées : l'eau filtrée est utilisée pour arroser le potager et les fleurs.

 

grande_serre2-small.jpg

A l'intérieur, le couloir de l'escalier, entièrement en verre permet de faire d'importantes économies d'énergie et d'éviter le gaspillage de cinq ampoules pour éclairer ce qui n'est même pas une pièce à vivre. Les tuyaux de récupération d'eau de pluie, en verre, sont visibles sur une cloison du couloir. Pendant les averses, on peut y contempler l'eau qui coule comme dans une vraie petite fontaine d'intérieur.

 

Le prix de cette maison revient, selon ses propriétaires, à 745 francs le m2 (la maison en fait 300).

 

(une autre version de la serre, en pare-brises de 2cv recyclés).

 

 

 

 

Jean-Thierry Winstel qui bâtit en apprenti sa maison écologique, fait part de son aventure sur le site des Maternelles.

 

 

Il opte pour le Monomur, plus cher que l'agglo mais permettant de faire l'économie de l'achat d'un isolant.

Jean-Thierry apprend dans un premier temps que l'enduit à la chaux est « 2, 5 fois plus cher » qu'un façadier conventionnel, chez un spécialiste douteux, mais s'avère à peine plus cher chez un concurrent...

Vient l'étape du revêtement de mur : des peintures bio plus chères que les peintures classiques, mais de bien meilleurs qualité. Le budget peut doubler si la surface est grande. Il faut savoir jouer des pieds et des mains et y aller au négoce. Mais si le mur est propre, une couche de peinture bio suffit, remarque Jean-Thierry. Vous avez donc besoin de moins de peinture et le budget se rééquilibre.

 

 


La maison d'Emmanuel Deberdt et Christine Boutin dans le Pas-de-Calais a quant à elle coûté 80 000 euros (terrain exclu, comptez environ 105 000 euros avec le terrain).

 

 

 

Propriétaires d'un terrain, le couple a commencé par se lancer dans une vaste culture de chanvre... Ambigü ? Leurs intentions sont plus qu'honorables : ils se sont servis de ce chanvre, une fois séché et broyé, selon eux nettement plus résistant que celui que l'on trouve dans le commerce, pour la construction de leur maison bio en ossature bois. Le chanvre est un matériau de construction entièrement naturel : c'est un isolant mais il permet aussi de faire des dalles de sol, des enduits, du béton banché, des mortiers. Emmanuel et Christine l'ont utilisé dans la chape, dans les cloisons et dans les enduits qui recouvrent les briques de terre cuite.

La maison profite de l'énergie solaire passive en étant orientée plein sud. Un chauffage de type poêle alimenté, en pierre volcanique, chauffe l'habitat.

Les eaux de pluie sont récuperées pour les tâches ménagères (cuisine, lessive, chasse d'eau, etc).

Ici, l'électricité reste raccordée au réseau nucléaire local. La maison fait 220 m2.

(source : http://www.medecines-douces.com/impatient/298mars03/maison_ecologique.htm)

 

 

 

Une maison écologique à 10 000 euros (terrain exclu), construite par un seul homme, sur une durée de 6 mois :

10000.jpg


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D. R Pascal Greboval

 

 

 

La défense et la démonstration de l'habitat écologique bon marché

 

 

90000.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Eco-logis, une association engagée dans la promotion de l'éco-construction a initié le projet Cantemerle : une maison écologique témoin de 130m2, plus des dépendances (un atelier d'artiste) a été construite avec un budget de 90 000 euros. Les travaux ont été étalés sur cinq mois. Le cahier des charges était exigeant et le résultat est impressionant :

 

Premièrement, les constructeurs ont fait appel à une expertise bioclimatique pour que la maison ne fasse pas violence à l'environnement dans lequel elle s'implante et profite de ces « énergies » (orientation, vent, géothermie...).

 

Le choix du principal matériau de construction a été facilement désigné : il s'agit d'un bois local, de teinte rouge, le bois de douglas. Le parti pris du localisme permet de diminuer les coûts puisque le prix du transport n'est pas inclus dans le prix du bois.

Le bois de douglas est un bois sec et léger, qui résiste aux attaques des insectes et est de 10 à 20% moins cher que le béton.

 

La maison est bâtie sur des pilotis de ciment, en ossature bois. La toiture est isolée en laine de mouton, le sol en liège en vrac et recouvert avec un plancher de chataigner. Une terrasse en gallerie à l'extérieur permet d'accéder aux pièces de l'étage, elle est en bois de douglas huilé. Les cloisons sont en fermacell (du gypse cuit avec de la fibre de cellulose) poncé et huilé. Certaines pièces sont isolées en chanvre. L'atelier est construit sur une dalle en béton de chanvre.

 

Eco-logis ne précise pas si le budget inclut le prix du terrain, il est fort possible que ce ne soit pas le cas. Cela reste prouesse compte tenu de la qualité technique des installations (notamment de l'isolation, qui permettra de minimaliser les installations de chauffage et de diminuer les dépenses de consommation) mais aussi du niveau d'exigence en matière environnementale.

(source : http://www.eco-logis.com/media/Cantemerle.pdf)

 

 

11enattendantlesolairepassifm.jpgL'association Héol se lance quant à elle dans la construction de la maison "3E " comme écologie, économie et entraide. D'une superficie de 70 m2, la maison ne doit pas coûter plus de 20 000 euros !

Paille, terre, ossature et bardeaux de bois, bambous, chanvre et laine de mouton sont au menu. La maison devrait être achevée pour le 23 juillet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre un défi immobilier, plus officiel, a été récemment relevé par le ministre de la cohésion sociale et du logement, Jean-Louis Borloo. Sa mission : rendre facile l'accès à la propriété pour tous les français. Borloo inaugure alors dans une Charte la « maison à 100 000 euros ».

L'objectif est de proposer aux français du bas de la classe moyenne et qui souhaitent devenir propriétaire, une maison de qualité, agréable à regarder. Si l'élan n'a rien d'écologique à l'origine, il sera contraint par les courants européens très enclins au développement durable qui ont porté l'instauration de normes environnementales pointues en matière de construction. A 100 000 euros, elle sera donc respectueuse des critères de Haute Qualité Environnementale (HQE). Les 100 000 euros sont remboursés pendant 20 ans, au rythme de 400 euros par mois. Le prix du loyer d'un T2 (en province).

 

L'annonce du projet Borloo entraîna la réaction en chaîne d'un jeune maire breton. Paul Anselin, maire de Ploermel, fait construire en ce moment des maisons, elles aussi respectueuses des normes HQE, à 50 000 euros ! Elles sont réservées à des familles précaires, essentiellement des femmes qui élèvent seules leurs enfants. Le prêt est à taux zéro. Les maisons font entre 80 et 90m2. Elles ont un jardin. Cependant, le coût du terrain a augmenté la somme fixée au départ et le coût réel de ces maisons approche finalement les 75 000 euros.

 

 

afcobois.jpgBorloo avait déclaré qu'une maison à 100 000 euros en ossature bois était impensable : évidemment les écologistes l'ont fait. AFCOBOIS , une société de construction de maisons en bois, a organisé un concours de conception-construction ayant pour objectif la réalisation de maisons bois ne dépassant pas le prix de 100 000 € TTC

(fondations incluses, hors adaptation au sol et études de sol, hors terrain, hors branchement, hors VRD…).

Le vainqueur est le cabinet Lambert. Sa maison est un vrai tour de force qui a absolument tout pour charmer. Elle fait 90m2, c'est un T4. L'isolation est en laine de verre, l'eau est produite au gaz et au solaire, le chauffage au gaz et au bois. Des espaces ouverts limitent le nombre de cloisons et de portes. La façade est en couverture crépi, et bardage en mélèze thermo-huilé, un matériau très pérenne. Une vue verticale et étroite dans le bardage laisse apparaître l'escalier et au loin, le jardin. Le bardage n'est pas touché par l'humidité car un caniveau récolte les eaux de ruissellemen (il peut, en option, servir pour la récupération de l'eau de pluie).

Au niveau du toit, on trouve une terrasse intérieure éclairée par un puits de jour. Un chauffage au bois est intégré au salon. Des persiennes laissent rentrer la lumière en été, retenant la chaleur à l'extérieur. A l'intérieur de nombreux rangements sont disséminés.

 

Energies renouvelables, matériaux recyclables, espace, confort, et design, naturel et intégration urbaine, plus la liberté d'être vraiment chez soi... pour 100 000 euros. Qui dit mieux ?

 

 

 

« Une construction écologique peut coûter plus cher. Il faut savoir, néanmoins, que sur la durée de vie d'un bâtiment, 5% du budget est utilisé par les études, 20% pour la construction et 75% pour l'exploitation et la maintenance des bâtiments. A l'usage, une maison écologique consommera 30% d'énergie en moins (énergies renouvelables), coûtera moins chère en entretien, et offrira une meilleure qualité de vie au global et un bon niveau de confort. Il est à noter que d'un point de visuel, rien ne distingue avec évidence une construction classique d'une construction dite écologique puisqu'elle intègre au mieux son environnement... »

 

Le principe de l'habitat ecologique est donc de payer plus cher au départ pour moins débourser en consommation en tout genre a posteriori, comme Jean-Thierry Winstel qui investira 6000 euros dans des panneaux pv qui lui fourniront toute son eau chaude, entièrement gratuite, pour 4 personnes (deux adultes et deux enfants°

 

Selon Corinne Lepage :

 

« En moyenne, la construction d'une maison écologique induit unsurcoût entre 1 000 et 1 500 euros le mètre carré, soit environ 10 % plus cher qu'une construction classique, mais cela varie en fonction de la taille et de l'ambition du projet. Néanmoins il faut prendre en compte le coût global de l'habitation, pour comprendre que le surcoût de départ est rapidement compensé. »

(Ouvertement, lettre de Corinne Lepage, présidentielles 2007 : http://www.cap21.net/infos/lettre_9.pdf)



 

 


Sources.

 

Projet de maison écologique à 50 000 euros

 

Sans secret, ni profit, une maison écologique de 33m2 à 2500 francs

 

Vidéo "Construction d'une maison en paille"

 

 

Lire.

Archi pas chère, 20 maisons d'aujourd'hui à 100 000 euros, Olivier Darmon, Beau Livre Broché

 

 

Voir.

 

Le plein de vidéos sur les maisons écolos sur www.interieurs.fr

(voir notamment la maison écologique de Vincent Poeymiroo, pour 100 000 euros, à Lacanau).

 

 

 

 

 

Mise à jour le Vendredi, 30 Mai 2008 13:05  
Accueil | Eco-construction | Des maisons écolos pas chères, ca existe

Suivez nous !

Joomla Templates and Joomla Extensions by ZooTemplate.Com

Commentaires récents

OSIM est leader des fauteuils et appareils de massage de qualité depuis 30 ans et propose des innovations en matière de bien-être
Créer votre pub